Un marché en déclin : l’onde de choc en France et en Europe
Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
En mai 2025, les immatriculations de voitures neuves en France ont reculé de 12,3 % par rapport à l’année précédente. C’est le pire mois depuis la pandémie de 2020, avec à peine 123 919 unités écoulées. Une baisse qui touche toutes les motorisations : essence (-30 %), diesel (-39 %) et même les véhicules électriques (-19 %).
L’effondrement est d’autant plus significatif que les mois précédents avaient déjà été moroses. Sur le premier semestre 2025, le recul cumulé dépasse les 10 %.
Une tendance continentale
L’ensemble du marché européen connaît une stagnation, voire un déclin. L’Allemagne, premier marché du continent, a vu ses immatriculations chuter de près de 26 % en mai. L’Italie affiche -15 %, l’Espagne -13 %. La dynamique de reprise observée en 2023 et début 2024 s’est brutalement arrêtée.
Un coup d’arrêt pour les voitures électriques
Le segment des voitures électriques, longtemps présenté comme l’avenir de la mobilité, marque le pas. En France, les ventes aux particuliers de véhicules 100 % électriques ont chuté de 58 % sur un an. En cause : la suppression de certaines aides à l’achat, la fin du bonus écologique pour les modèles importés de Chine et une confiance en baisse. À l’échelle européenne, la part de marché des VE plafonne autour de 14 %.
États-Unis, Chine : deux lectures d’un même phénomène
Un tassement du marché américain
Aux États-Unis, la tendance est similaire, bien que moins brutale. Après un bon début d’année, les ventes se sont stabilisées autour de 1,27 million d’unités en juin, en dessous des attentes. Le marché des voitures électriques y progresse moins vite qu’espéré, représentant à peine 7 % des ventes. L’enthousiasme des consommateurs semble s’essouffler, notamment face à l’augmentation des taux de crédit auto.
Une dynamique encore positive en Chine
À l’inverse, la Chine continue de tirer le marché mondial. L’Agence Internationale de l’Énergie anticipe plus de 20 millions de véhicules électriques vendus en 2025 dans le monde, dont les deux tiers en Chine. La présence dominante d’acteurs locaux (BYD, Xpeng) combinée à des modèles abordables explique cette résistance.
Mais cet élan chinois commence à peser sur les constructeurs européens, confrontés à une concurrence tarifaire sans précédent sur leur propre marché.
Causes profondes et conséquences pour les automobilistes
Inflation, taux d’intérêt et incertitudes géopolitiques
Le contexte économique global pèse lourd sur la décision d’achat. L’inflation reste élevée, les taux de crédit ont augmenté, et les ménages diffèrent leurs projets. À cela s’ajoutent les tensions commerciales (notamment entre l’Europe et la Chine) qui alimentent des hausses de prix et une incertitude sur les futurs tarifs douaniers.
L’image en déclin des véhicules électriques
Autre facteur aggravant : la perte de confiance envers certains leaders du marché. Tesla, en particulier, connaît une chute spectaculaire de ses ventes en France (-67 % en mai). Les interrogations sur la qualité, le réseau de recharge ou encore la politique tarifaire dissuadent de nombreux acheteurs. Même les marques premium comme Audi, Mercedes ou Porsche accusent le coup sur l’électrique.
La montée en puissance des hybrides… et de l’occasion
Dans ce contexte, les véhicules hybrides deviennent un refuge. Ils ont connu une croissance de +45 % en France début 2025 et représentent désormais près de la moitié des ventes neuves.
Mais surtout, le marché de l’occasion tire son épingle du jeu. Moins cher, plus accessible, il bénéficie d’un afflux de modèles récents, parfois issus de retours de leasing. Les consommateurs privilégient désormais la flexibilité et la fiabilité… deux qualités incarnées par les véhicules reconditionnés.
Conclusion : crise ou rééquilibrage du marché ?
La baisse des ventes de véhicules neufs en 2025 n’est pas seulement conjoncturelle. Elle révèle une mutation profonde du comportement des automobilistes, plus prudents, plus rationnels, et parfois déçus par les promesses de l’électrique.