Hommage à nos 3 Gendarmes lachement abattus

Condoléances à la famille...

Trois gendarmes abattus et un quatrième blessé. Leur tueur présumé retrouvé mort, ce mercredi matin. C'est le lourd bilan d'un drame qui s'est déroulé à la veille de Noël, dans la nuit de mardi à ce mercredi, dans un hameau isolé près de Saint-Just (Puy-de-Dôme). Le Parisien fait le point sur ce plus tragique événement de l'année impliquant les forces de l'ordre.

Que s'est-il passé ?

« C'est une scène de crime complexe, on est loin d'avoir toutes les réponses », admet ce mercredi le procureur de la République Eric Maillaud, visiblement ému. Et d'ajouter : « C'est une véritable scène de guerre à laquelle nous avons été confrontés ce matin : des centaines et des centaines de douilles, la maison incendiée, un individu surarmé... Une scène atypique. »

Mardi soir, pour échapper à Frédéric Limole, son conjoint lourdement armé, une femme se réfugie sur le toit d'une maison d'un hameau isolé, le lieu-dit « Le Cros », à cinq kilomètres de Saint-Just (Puy-de-Dôme), une zone de montagne moyenne. Alertés à 21h30 par une amie de cette femme, les gendarmes de la compagnie d'Ambert, arrivent sur place. Il n'y avait, selon le procureur, « pas de violence conjugale connue » dans le couple.

Peu après leur arrivée, le forcené met le feu à sa maison, vers 22h20. Deux militaires du PSIG (peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie), qui tentent de s'approcher du pavillon, sont alors la cible de tirs. L'homme, lourdement armé, parvient à atteindre deux militaires alors qu'il tentait de sortir de chez lui. L'un d'eux, le brigadier Arno Mavel, âgé de 21 ans, meurt des suites de ses blessures, tandis que le deuxième, un gendarme de 50 ans est blessé à la cuisse. Il sera transporté par les pompiers vers le centre hospitalier d'Ambert 30 minutes plus tard. Son état n'inspire ce mercredi plus d'inquiétudes.

Deux autres gendarmes, cherchant à savoir si les pompiers peuvent s'engager pour éteindre l'incendie, sont à leur tour visés vers 22h45 par l'homme, qui a regagné son domicile après avoir tenté de fuir. Face à la dangerosité du forcené, les pompiers mettront plusieurs dizaines de minutes à s'approcher des deux blessés. Une fois sur place, le Samu n'a rien pu faire pour ranimer les victimes. Le GIGN est arrivé sur place vers 2h30, selon le ministère de l'Intérieur. Il a été renforcé par des éléments venus de Dijon.

Le forcené est finalement parvenu à prendre la fuite. La femme qui s'était réfugiée sur le toit a pour sa part pu être mise en sécurité. Elle est actuellement interrogée pour tenter de faire la lumière sur les faits.

Une brève chasse à l'homme

Après la fuite du suspect, une vaste chasse à l'homme est lancée. Les forces de l'ordre, qui ont fait l'objet d'importants renforts dans la nuit, ont installé des barrages pour bloquer toutes les voies d'accès au lieu du drame. Quelque 300 gendarmes ont été mobilisés, dont un escadron de gendarmerie mobile, ainsi que des brigades cynophiles et un hélicoptère.

Présents sur place, le sous-préfet de cette zone reculée du sud-est du Puy-de-Dôme, ainsi que le maire de Saint-Just, petit village de 157 habitants, ont été mis à l'abri.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin s'est rendu en fin de matinée à la compagnie de gendarmerie d'Ambert, où étaient affectées les victimes.

Que sait-on de la mort du forcené ?

Peu après 8h30, Gérald Darmanin a annoncé lui-même, sur son compte Twitter, que le forcené avait été « retrouvé mort », sans plus de détails. Selon nos informations, le corps a été découvert dans sa voiture. Et le procureur de la République de préciser plus tard qu'au « regard des premiers éléments de l'autopsie, on a toutes les raisons de penser » que Frédéric Limole « s'est suicidé » à l'issue de sa cavale.

Qui est le forcené ?

Frédéric Limole s'était installé il y a un peu plus de trois ans à Saint-Just où il avait une entreprise d'exploitation forestière. Devenu officier de réserve de l'Armée de terre en 1995, cet homme de 48 ans était un passionné d'armes à feux. Il en possédait officiellement trois, dont un fusil semi-automatique retrouvé à son domicile. En septembre dernier, Frédéric Limole avait renouvelé sa licence au club de tir sportif de Salon de Provence (Bouches-du-Rhône), ville où il avait dirigé une entreprise en conseil informatique. Son épouse est également membre de ce club de tir.

Père d'un enfant qu'il a eu avec sa première femme, Frédéric Limole était connu pour des faits de non-paiement de pension alimentaire et de menaces de mort. De son côté, il avait porté plainte en juin et en août, pour non-présentation d'enfant.

« Il était extrêmement déterminé. C'est assez rare d'ouvrir le feu de cette manière sur les gendarmes », a précisé sur Franceinfo Maddy Scheurer, porte-parole de la gendarmerie nationale. « Les auteurs de violences conjugales sont un danger pour la société », a regretté sur BFMTV la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa.

Qui sont les victimes ?

Les victimes sont le brigadier Arno Mavel (21 ans), le lieutenant Cyrille Morel (45 ans), marié et père de deux enfants et l'adjudant Remi Dupuis (37 ans), pacsé et également père de deux enfants, a indiqué le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.

Selon La Montagne, le lieutenant Cyrille Morel avait pris la tête de la compagnie d'Ambert en 2017. Il avait été affecté à Lezoux puis à la brigade territoriale de Saint-Amant-Tallende (Puy-de-Dôme). Il avait été promu maréchal des logis chef en 2009, puis adjudant en 2011. Il avait pris son premier poste de commandement à la brigade de Combronde en 2014 et avait rejoint la compagnie d'Ambert à l'issue de sa formation à l'École d'officiers de la gendarmerie nationale.

Trois gendarmes abattus et un quatrième blessé. Leur tueur présumé retrouvé mort, ce mercredi matin. C'est le lourd bilan d'un drame qui s'est déroulé à la veille de Noël, dans la nuit de mardi à ce mercredi, dans un hameau isolé près de Saint-Just (Puy-de-Dôme). Le Parisien fait le point sur ce plus tragique événement de l'année impliquant les forces de l'ordre.

Source Le Parisien.

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