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Voitures d’occasion en Martinique : ex-location, reprise, tacot… le guide pour ne pas se faire avoir !!!
Martiniquais, l’occasion, c’est notre marché numéro un ! Chez nous, il se vend nettement plus de voitures d’occasion que de voitures neuves. Et sur les parcs des concessionnaires un peu partout, de la Lézarde au Lamentin à Californie, une bonne partie des véhicules sortent tout droit… des agences de location. Bonne affaire ou piège à touristes ? Faut-il faire reprendre sa voiture ou la vendre soi-même ? GTMAG a fait le tour de la question, avec en prime nos astuces pour déjouer les mauvais plans !!!
UN MARCHÉ PLUS GROS QUE LE NEUF
On l’oublie souvent, mais le vrai moteur du marché automobile martiniquais, c’est l’occasion. Les chiffres de l’INSEE l’ont montré : en 2018 déjà, il se vendait 1,7 voiture d’occasion pour une voiture neuve sur l’île. Les prix du neuf, avec le transport et l’octroi de mer, poussent mécaniquement beaucoup de familles vers le véhicule déjà immatriculé.
Et les concessionnaires l’ont bien compris. Leurs parcs VO sont alimentés par quatre grands canaux : les reprises de leurs clients qui achètent du neuf, les retours de location, les voitures de démonstration ou de collaborateurs, et quelques importations de l’Hexagone. Particularité locale : certains grands groupes de distribution de l’île gèrent aussi des enseignes de location. Les voitures passent donc très naturellement du comptoir de l’aéroport Aimé-Césaire… au parc d’occasion de la concession.
EX-LOCATION : BONNE AFFAIRE OU MAUVAIS PLAN ?
La réponse honnête de GTMAG : ni l’un ni l’autre par principe. Tout dépend du type de location et de la façon dont la voiture a été suivie.
La location longue durée (LLD) ou avec option d’achat (LOA)
C’est souvent la meilleure pioche. La voiture a eu un seul conducteur, elle revient en général vers trois ans avec un kilométrage raisonnable, elle a été entretenue dans le réseau parce que le contrat l’exigeait, et la carrosserie est souvent remise en état avant la revente. Si l’historique est propre, foncez !!!
La location courte durée, celle des touristes
Là, il faut être plus attentif. Côté entretien, les loueurs font en principe le nécessaire : leur flotte doit tourner sans panne. Le problème, ce sont les dizaines de conducteurs différents qui se succèdent au volant, qui ne connaissent ni la voiture ni nos routes, et qui n’ont aucune raison de la ménager.
Ce que nos routes font aux voitures de location
Imaginez la vie d’une petite citadine de location en Martinique. Montées de la Route de la Trace et de Balata à pleine charge, clim à fond. Descentes vers les Anses-d’Arlet au frein. Nids-de-poule, ralentisseurs pris trop vite, stationnements sur le sable aux Salines ou au Diamant, air salin du matin au soir. Résultat : embrayages, freins, trains roulants, amortisseurs, jantes et bas de caisse sont les points à surveiller en priorité. Pas forcément des défauts graves… mais des frais à anticiper.
Bon à savoir : quand un ex-loueur est vendu par une concession, il bénéficie de la même protection légale que n’importe quelle occasion achetée chez un professionnel. C’est même là qu’il est le plus sûr de l’acheter.
NOS 12 ASTUCES POUR DÉJOUER LES MAUVAIS PLANS
Que la voiture sorte d’une agence de location, d’une concession ou du garage d’un particulier, voici la check-list GTMAG avant de signer quoi que ce soit.
Exigez le rapport Histovec. C’est le service officiel et gratuit du ministère de l’Intérieur. Le vendeur le génère et vous l’envoie : date de première immatriculation, changements de propriétaire, gage, vol, sinistres graves, et surtout le kilométrage relevé à chaque contrôle technique. Un vendeur qui refuse de vous le transmettre ? Passez votre chemin.
Comparez le compteur aux relevés du contrôle technique. Si le compteur affiche moins que lors d’un contrôle passé, c’est une fraude, point final.
Regardez l’usure, pas seulement les chiffres. Un volant lustré, des pédales usées jusqu’au métal ou un siège conducteur affaissé ne collent pas avec un petit kilométrage.
Faites écrire l’origine du véhicule. « Retour de location », « ex-collaborateur », « import » : la mention doit figurer noir sur blanc sur l’annonce ou le bon de commande, pas seulement à l’oral.
Demandez le carnet d’entretien et les factures. Révisions à jour, distribution faite si l’échéance est passée, pneus et freins récents : c’est la preuve que la voiture a été suivie.
Vérifiez le contrôle technique. Pour une voiture de plus de quatre ans, il doit dater de moins de six mois. Lisez la liste des défaillances, même mineures : elle en dit long.
Faites un vrai essai, sur nos routes. Pas un tour de parking ! Une côte sérieuse, une route abîmée, un arrêt en pente, quelques kilomètres pour faire chauffer le moteur. Et toujours dans la limite des 90 km/h de nos routes.
Testez la clim, longtemps. Sous notre climat, c’est un organe vital, et un compresseur coûte cher. Elle doit souffler froid au ralenti comme en roulant.
Mettez-vous à genoux. Regardez sous la voiture et dans les bas de caisse : la rouille liée à l’air salin est l’ennemie numéro un des voitures qui ont vécu près de la mer.
Méfiez-vous des prix trop beaux. Comparez avec la cote et avec les annonces équivalentes en Martinique. Une voiture bradée cache presque toujours quelque chose : un défaut, un compteur trafiqué ou une arnaque pure et simple.
Ne versez jamais d’acompte à distance. Le grand classique des fausses annonces : le vendeur est « en métropole » ou « en mutation », la voiture « déjà au port », il suffit d’un virement pour la réserver. On ne paie rien avant d’avoir vu la voiture, les papiers et le vendeur.
Faites-vous accompagner. Pour un achat important, un garagiste de confiance ou un expert indépendant coûte bien moins cher qu’une boîte de vitesses à refaire.
VOS DROITS QUAND VOUS ACHETEZ CHEZ UN PRO Garantie légale de conformité : 2 ans à compter de la livraison, gratuite et obligatoire, même si le vendeur ne vous en parle pas. Présomption de 12 mois : pendant la première année, un défaut qui apparaît est présumé exister au moment de la vente. C’est au professionnel de prouver le contraire. Garantie des vices cachés : elle s’applique aussi entre particuliers, mais c’est alors à vous de prouver le vice. Garantie commerciale : « 6 mois », « 12 mois pièces et main-d’œuvre », label constructeur… c’est un plus, jamais un remplacement de la garantie légale. |
VOTRE VOITURE ACTUELLE : REPRISE OU VENTE À UN PARTICULIER ?
Avant d’acheter, il faut souvent vendre. Et là, deux écoles. Tout dépend de ce que vous privilégiez : le meilleur prix ou la tranquillité.
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| Reprise en concession | Vente à un particulier | |
| Prix obtenu | Plus bas : le pro garde sa marge et paie la remise en état | Généralement plus élevé |
| Délai | Immédiat, le jour où vous prenez la nouvelle | Variable : annonces, visites, négociation |
| Démarches | Aucune, le pro s’occupe de tout | Contrôle technique de moins de 6 mois (plus de 4 ans), certificat de situation administrative, déclaration de cession |
| Risques | Quasi nuls | Garantie des vices cachés, faux chèques de banque et faux virements |
| Idéal pour… | Voiture très kilométrée, avec défauts ou peu demandée | Voiture récente, saine et recherchée |
Le bon réflexe GTMAG
Faites estimer votre voiture à la cote, regardez les annonces locales équivalentes, puis comparez avec l’offre de reprise. Et surtout, négociez la reprise séparément du prix de la voiture neuve. Sinon, un vendeur habile peut vous « gonfler » la reprise… en rognant discrètement la remise sur le neuf. Si l’écart entre reprise et vente perso est faible, la tranquillité vaut souvent le coup. S’il est important, la vente entre particuliers mérite l’effort.
Et si vous vendez vous-même : rencontrez l’acheteur dans un lieu fréquenté, accompagnez l’essai, et ne remettez jamais les clés ni la carte grise avant d’avoir vérifié auprès de votre banque que le paiement est bien encaissé.
LES 5 QUESTIONS À POSER AU VENDEUR 1. D’où vient exactement cette voiture, et pouvez-vous l’écrire sur le bon de commande ? 2. Pouvez-vous m’envoyer le rapport Histovec ? 3. Avez-vous toutes les factures d’entretien ? 4. Qu’avez-vous remis en état avant la vente ? 5. Quelle garantie commerciale ajoutez-vous à la garantie légale, et que couvre-t-elle ? |
L’AVIS DE GTMAG
Une ex-voiture de location n’est pas une voiture maudite. Achetée chez un professionnel, avec un historique clair, un carnet à jour et une vraie garantie, elle peut même être une excellente affaire, surtout si elle sort d’une location longue durée. Le danger, ce n’est pas l’origine du véhicule : c’est le manque de transparence. Un vendeur sérieux n’a rien à cacher. À vous de poser les questions, de vérifier, et de prendre votre temps. Une occasion, ça se mérite, Martiniquais !!!
Vous avez acheté une ex-voiture de location, vécu une bonne ou une mauvaise expérience avec une reprise ou une vente ? Racontez-nous tout à labelweb@orange.fr. Vos témoignages nourrissent nos prochaines enquêtes.
Jean-Marc Wollscheid
GTMAG, le magazine des nouvelles mobilités
Sources
INSEE, Conjoncture Martinique n° 5 (2019), chapitre Automobile
IEDOM, Le marché de l’automobile à la Martinique
Ministère de l’Intérieur, service Histovec (histovec.interieur.gouv.fr)
Code de la consommation, articles L217-3 et L217-7 (garantie légale de conformité)
L’argus, dossiers « Ex-véhicules de location : faut-il s’en méfier ? » et « Garantie légale, un risque accru pour les distributeurs »
Journal de l’Automobile, Histovec intègre les données du contrôle technique
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